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Un enjeu de santé publique majeur
Les maladies cardiovasculaires, qui regroupent les atteintes du cœur et des vaisseaux, constituent la première cause de décès dans le monde. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, elles ont provoqué environ 19,8 millions de décès en 2022, soit près de 32 % de la mortalité mondiale. Parmi ces décès, 85 % sont dus à un infarctus du myocarde ou à un accident vasculaire cérébral (AVC).
En France, Santé publique France recense pour l’année 2022 140 000 décès et 1,2 million d’hospitalisations liés aux maladies cardio-neuro-vasculaires chez l’adulte, soit plus d’un décès sur cinq. Il s’agit de la deuxième cause de mortalité après les cancers. L’AVC constitue la première cause de mortalité cardio-neuro-vasculaire chez la femme, avec environ 18 000 décès par an.
Ce que change la loi du 27 juillet 2026
La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires (JO du 28 juillet 2026) inscrit ces pathologies parmi les priorités nationales de prévention. Elle comporte un volet de droit du travail qui concerne directement les services de prévention et de santé au travail :
- la participation à des campagnes de dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires est intégré aux missions des services de prévention et de santé au travail (article L. 4622-2 du code du travail modifié) ;
- la visite médicale de mi-carrière (article L. 4624-2-2) au cours de laquelle le professionnel de santé sensibilise le travailleur aux facteurs de risque cardio neuro vasculaires mentionnés à l’article L. 1411-6-2 du code de la santé publique. Un dépistage précoce des maladies cardio-neuro-vasculaires et des maladies cardiaques structurelles est proposé au salarié à cette occasion.
Cette visite est organisée durant l’année civile des 45 ans du salarié voire à partir de 43 ans, en la couplant à une autre visite.
Quelles contraintes de travail au domicile ?
Les activités de ménage, de jardinage sous forte chaleur, de garde d’enfants, d’assistance à une personne âgée ou en situation de handicap, peuvent comporter :
- des manutentions manuelles et des ports de charges ;
- des montées et descentes d’escaliers ;
- des gestes répétitifs ;
- des postures contraignantes ou maintenues ;
- des déplacements successifs entre plusieurs domiciles ;
- une activité répétée chez plusieurs employeurs avec des déplacements successifs entre plusieurs domiciles et des horaires fractionnés ;
- une exposition à la chaleur dans certains logements mal isolés ou en cas de travail à l’extérieur.
Un effort inhabituel ou intense n’est pas la cause d’un infarctus, mais il peut en être un facteur déclenchant lorsqu’une atteinte coronarienne préexiste, et révéler ainsi une maladie jusque-là silencieuse, d’autant plus en présence de facteurs de risque. Une douleur thoracique, un malaise ou un essoufflement inhabituel survenant à l’effort ne doit jamais être banalisé.
Réduire la charge physique
La prévention porte à la fois sur le matériel et sur l’organisation du travail :
- utiliser du matériel maniable, réglable et adapté à la tâche ;
- éviter de déplacer seul une charge lourde ;
- recourir à des aides réduisant le port de charge lors du transfert d’une personne.
- organiser l’espace de travail pour limiter les déplacements et les manipulations inutiles ;
- alterner les tâches exigeantes et les activités moins contraignantes ;
- ménager des temps de récupération ;
- adapter le rythme et l’organisation en période de chaleur ;
- garantir l’accès à de l’eau potable fraîche.
Sur ce dernier point, le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur, entré en vigueur le 1er juillet 2025, a créé au code du travail un chapitre dédié à la prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense (articles R. 4463-1 et suivants), articulés sur les niveaux de vigilance canicule de Météo-France. Il retient notamment l’adaptation de l’organisation et des horaires de travail, la suspension des tâches les plus pénibles aux heures les plus chaudes, l’ajustement des périodes de repos et l’augmentation de l’eau potable fraîche mise à disposition. En période de chaleur, il est recommandé de limiter le travail physique lourd, de réduire les ports de charges, d’augmenter la fréquence des pauses et de boire régulièrement sans attendre la sensation de soif.
Agir sur les facteurs de risque
Les facteurs de risque cardio-neuro-vasculaires se répartissent en deux catégories.
Non modifiables : l’âge, le sexe et les antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire précoce.
Modifiables, c’est-à-dire accessibles à la prévention :
- le tabagisme > l’arrêt du tabac est la mesure la plus efficace, à tout âge ;
- la sédentarité et l’insuffisance d’activité physique ;
- l’hypertension artérielle, à dépister et à traiter ;
- le diabète de type 2 ;
- les dyslipidémies (cholestérol LDL élevé) ;
- le surpoids et l’obésité ;
- une alimentation déséquilibrée ;
- une consommation d’alcool excessive.
À ces facteurs s’ajoute l’observance des traitements prescrits, et la consultation médicale devant tout symptôme inhabituel.
Le rôle du médecin du travail
Un salarié porteur d’une maladie cardio-neuro-vasculaire, ou qui rencontre des difficultés lors de certaines tâches, peut solliciter une visite à sa demande auprès du médecin du travail. Le médecin apprécie la compatibilité entre l’état de santé et l’activité exercée et peut, le cas échéant, proposer par écrit des mesures d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste.
Reconnaître un infarctus du myocarde
Le tableau caractéristique associe :
- une douleur thoracique rétrosternale, décrite comme un serrement, un étau, un poids ou une brûlure, survenant à l’effort ou au repos et persistant plus de vingt minutes ;
- une irradiation vers un bras ou les deux bras, les épaules, la mâchoire, le cou ou le dos ;
- un essoufflement inhabituel ;
- des sueurs, une pâleur, un malaise ;
- des nausées ou des vomissements ;
- parfois, une douleur isolée d’un bras ou une faiblesse brutale, sans douleur thoracique franche.
Chez la femme, les symptômes peuvent être: une fatigue intense et inhabituelle, des essoufflement, des palpitations, des nausées ou vomissements, des douleurs épigastriques, une douleur entre les omoplates, une angoisse inexpliquée. Ces signes surviennent parfois en dehors de tout effort et peuvent être attribués à tort au stress, à une indigestion ou à une simple fatigue. Cette présentation trompeuse explique en partie que les femmes appellent le 15 plus tardivement que les hommes.
Chez l’homme, la douleur thoracique intense et les sueurs sont proportionnellement plus fréquentes, mais une forme atypique ou peu douloureuse reste possible.
Que faire en cas de suspicion d’infarctus ?
- Faire cesser immédiatement l’effort.
- Appeler le 15 ou le 112 (le 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes), même en cas de doute.
- Installer la personne au repos, en position semi-assise si elle est consciente.
- Ne pas la laisser seule et ne pas la conduire soi-même aux urgences.
- Indiquer au SAMU l’adresse exacte, l’étage et le code d’accès, ainsi que l’heure de début des symptômes.
- N’administrer aucun médicament sans instruction médicale.
Si la personne perd connaissance et ne respire pas normalement, il s’agit d’un arrêt cardiaque : alerter, débuter immédiatement les compressions thoraciques (100 à 120 par minute, au centre du thorax)
La rapidité de la prise en charge conditionne l’étendue des lésions du muscle cardiaque et les chances de survie.
> Prévenir les risques cardio-neuro-vasculaires, c’est agir à plusieurs niveaux : mieux organiser le travail, limiter la charge physique et prendre en compte les facteurs de risque propres à chacun. C’est aussi savoir reconnaître les signes d’alerte et réagir rapidement. En cas de douleur thoracique, de malaise ou d’essoufflement inhabituel, n’attendez pas : appelez immédiatement le 15 ou le 112, même en cas de doute.
Dans le cadre de la prévention des maladies cardio neuro vasculaires, nos équipes sont à votre écoute. Pour planifier une visite, contactez-nous au 0 986 865 865 (prix d’un appel local).
Sources
- Organisation mondiale de la santé, aide-mémoire « Maladies cardiovasculaires » : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/cardiovascular-diseases-(cvds)
- Santé publique France, « Les maladies cardiovasculaires en France : un impact majeur et des inégalités persistantes », BEH hors-série, données 2022 : https://www.santepubliquefrance.fr/presse/les-maladies-cardiovasculaires-en-france-un-impact-majeur…
- Loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, JO du 28 juillet 2026 (rectificatif JO du 1er août 2026)
- Code du travail, articles L. 4622-2 et L. 4624-2-2 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000024396452
- Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051676074
- Assurance Maladie, « Reconnaître un infarctus (ou crise cardiaque) et agir au plus vite » : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/infarctus-myocarde/reconnaitre-infarctus-agir
- Assurance Maladie, « Infarctus du myocarde chez la femme : particularités des symptômes et prise en charge » : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/infarctus-myocarde-femme/infarctus-du-myocarde-chez-la-fem…
- World Heart Federation, World Heart Day (29 septembre)
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